Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Gaz de houille : inquiétudes à Zimming et Longeville-lès-Saint-Avold

Article du Républicain Lorrain du 01/10/2015

Des enquêtes publiques sont lancées à Zimming et Longeville-lès-Saint-Avold en prévision de forages pour le gaz de houille. La Française de l’énergie (ex EGL) se veut rassurante tandis qu’un collectif local tire la sonnette d’alarme.

Après Folschviller, Pontpierre et Tritteling-Redlach, ce sont les communes de Zimming et Longeville-lès-Saint-Avold qui vont accueillir chacune six puits de forage pour tester le débit de gaz de houille,

Accueillir, un bien grand mot puisque déjà un collectif, Protégeons notre cadre de vie, s’est constitué.

À l’origine de celui-ci, la Longevilloise Marieke Stein qui ne cache pas son inquiétude devant l’arrivée des derricks et forets de la Française de l’énergie (FE), anciennement European gas limited, autorisée à sonder le sol un peu partout en Lorraine pour estimer la valeur du gaz de houille.

« La première plate-forme est sur la RD 25, en direction de Boucheporn. Ce sont d’ailleurs les habitants de Boucheporn qui auront la vue sur les puits, placés à 400 mètres des premières habitations. Pour Longeville, le site sera à environ 900 mètres des maisons. »

À Zimming, « les puits seront à une altitude de 400 mètres - apparemment pour éviter les inondations -, on ne pourra pas les manquer ».

Marieke Stein évoque le ballet des camions, un trafic qui, empruntera la route principale pour Zimming et D25 en direction de Boucheporn : « Ainsi, Longeville sera au cœur des parcours des camions. EF parle de 6 camions par jour mais il ne s’agit là que du chantier pour construire les plates-formes. Parce que pendant la phase d’exploration, il faudra ramener de l’eau et évacuer les boues. Et là le nombre de passages de camions par jour va exploser. »

Le bruit sera, assure la jeune femme, une constante : « La sondeuse MR 8 000 qui a été utilisée à Tritteling-Redlach produisait un son de 96 décibels ! »

La Longevilloise évoque possiblement neuf mois de travaux discontinus pour chaque site.

Mais au-delà des nuisances ainsi égrenées, son inquiétude première, comme pour les autres membres du collectif, est « le risque qu’un usage soit fait de la fracturation hydraulique. C’est interdit en France, mais quand on demande des éléments à la Dreal, qui contrôle ces forages, on ne parvient pas à obtenir d’éléments ».

Et de s’étonner : « À l’heure du Cop 21, on vient encore essayer de lancer des énergies fossiles. Je ne suis pas une écologiste pure et dure, mais je ne comprends pas… »

« Pas de fracturation hydraulique » chez FE

Du côté de la Française de l’énergie (FE), la vision des travaux à venir est évidemment toute autre. « Le site de Longeville sera sur la RN 4 entre Longeville et Zimming, après la montée de la cote de Bellevue, sur la droite. Il sera invisible de tous. Au pire, peut-être la pointe du derrick pour les habitants de Boucheporn », assure Mathieu Sutter, consultant pour FE.

L’autre site, sur le ban communal de Zimming, sera visible depuis l’autoroute.

Quant au ballet des camions, il évoque « cinq ou six poids lourds maximum pendant une semaine », pour la construction de la plate-forme puis entre zéro et trois par jour pour l’apport d’eau. Pour l’évacuation des cuttings, compter « dix à quinze camions maximum pendant la période des forages ».

Pour la durée, si le consultant montre une réserve, c’est « à cause des aléas : on rencontre toujours des surprises, comme des pannees. Ou des délais pour la livraison de la foreuse puisque seules deux sociétés en louent en France ». Si les travaux de forage succèdent immédiatement à la création de la plate-forme « on pourra être sur une durée de quatre mois ».

Quand à la redoutée fracturation hydraulique : « C’est interdit, donc on ne le fait pas. C’est surveillé par la police des mines, la Dreal. Toutes nos données non confidentielles - on ne peut pas non plus livrer au public des secrets industriels - sont consultables à la Dreal. » Et sur la méthode en elle-même, l’ancien salarié de Charbonnages de France affirme au passage que « la méthode n’est pas dangereuse. C’est de la pression dans un trou. Ce qui est dangereux, ce sont les produits qui peuvent être ajoutés lors de la fracturation hydraulique. Mais à nouveau : on ne le fait pas ».

Et d’évoquer un raffermissement des règles du jeu : « Avant, on pouvait lancer les travaux en cinq mois. À présent, les démarches administratives sont complexes. Il faut faire faire une étude environnementale avant de déposer le dossier. Et là, compter un an et demi ». À titre indicatif, à Longeville-lès-Saint-Avold une enquête publique est en cours tandis que pour Freybouse et Loupershouse, « il n’en fallait pas à l’époque ».

Le collectif anime des réunions publiques demain et dimanche, de 14 h à 18 h à la salle polyvalente de Longeville-lès-Saint-Avold.

Textes : Vincent Trimbour

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :